La première fois qu’on a entendu The Antlers, c’est par une Américaine avec qui nous avions pris un café, qui plus tard traduirait certains de nos articles, et qui était très amie avec le groupe. Elle nous en avait fait passer une copie, et nous savions qu’un jour ou l’autre, nous les croiserions.

Un soir de novembre, devant le Nouveau Casino, ils étaient 3, nous étions une quinzaine en tout. Deux équipes, deux groupes. Le premier jovial, bavard, exubérant (les Cymbals Eat Guitars à venir), le second plus âgé, plus réservé, comme plus angoissé par l’exercice : The Antlers, donc.

Ils sont partis avec Nat, ont parcouru l’avenue Parmentier, ont réussi à convaincre le discret et étrange vieux propriétaire de cette boutique de réparation de poupées de les laisser jouer, de nous laisser filmer. Entre temps, la batterie de la caméra est tombée en rade, et le morceau n’a pu être filmé que lorsque la deuxième équipe est arrivée, avec les Cymbals Eat Guitars qui s’amusaient à reprendre du Pavement à tue-tête dans la rue.

    

Pour filmer les Antlers, il fallait comme les protéger, les poser dans un cocon, rouler les couvertures, fermer les portes, faire taire le monde extérieur. Une musique douce et affable qui n’éclôt qu’en milieu ouaté et protégé, prend le temps de se déployer avec lenteur. Allez faire comprendre ça aux proprios de La Caravane, qui s’imaginaient que nous allions foutre le bordel dans son bar. Non, dans la salle du fond, avec une petite lumière, des murs décatis, il y avait juste un son magnifique qui emplissait délicatement la pièce.

    

Images : Nat Le Scouarnec
Son : JB Aubonnet
Prod : La Blogotheque