Twi and the Humble Feather / David Thomas Broughton / Jaromil - Acoustic Session [Oct. 2010]

Écrit par Nat Le Scouarnec
Vendredi, 23 Juillet 2010 11:06
TwiBroughtonJaromil

Je les avais entendus une première fois il y a presque deux ans. Je voulais voir à quoi ils ressemblaient, comment s’incarnait cette musique alien. Les Boutiques Sonores, gloire à eux, les a accueillis à Paris, tout un week-end. D’abord à l’espace B, nouvelle salle de concert tapie près d’un pont dans le quartier de la Villette. Après leur concert, avec Nate de passage à Paris, nous les avons emmenés sous une arche humide et sombre. Cela a pris trois minutes en tout. Ils s’asseoient sur leurs caisses de guitare et se lancent, les guitares comme mille lutins courant et chantant partout, frôlant nos chevilles, se jouant de nous.

Le lendemain, ils jouaient chez le fleuriste Sol y Flor. Cette fois, Nat était là, et la même musique folle et unique, au milieu des fleurs, des enfants et des jolies filles...

Ecoutez David Thomas Broughton sur disque, vous serez peut-être saisi par une voix déroutante, sortie d’un autre siècle, mais vous n’aurez qu’un aperçu presque misérable de ce dont il est capable. Emmenez-le un Concert à emporter, il ne vous donnera qu’un pouce de ce qu’il est capable de faire. Il faut le laisser s’emparer de l’espace, se lancer dans sa performance, et n’être qu’un témoin discret, invisible, pour saisir en quoi cet artiste est unique.

Il chante, s’arrête, s’écroule, se boucle, fait une ligne de basse en frappant son micro contre son coeur, débranche, rebranche des câbles, surjoue la moindre émotion, suspend son chant, semble être à la fois celui qui joue et celui qui est surpris du jeu. David Thomas Broughton donne plus qu’un concert, il fait une installation où son corps et sa voix sont décor et acteurs.

La musique de Jaromil pourrait sembler bien orthodoxe après ces deux artistes qui ne ressemblent à aucun autre. Mais ils sont su également jouer de cadre inhabituel, de ces enfants qui vagabondent, de ce vieil homme qui vient s’acheter un petit bouquet en fin de chanson.

    

Images / Edit/ Sound : Nat Le Scouarnec

Prod : La Blogotheque